Créer sa micro-entreprise : nos conseils pour bien se lancer - Par Indy

Publié le 30 septembre 2026

Simple et rapide, la micro-entreprise reste le moyen le plus accessible de se mettre à son compte. Mais pour bien créer son entreprise, quelques règles sont à connaître dès le départ.

Vérifier que la micro-entreprise correspond à votre projet

En 2026, votre chiffre d'affaires annuel ne doit pas dépasser 83 600 € pour les prestations de services et 203 100 € pour la vente de marchandises.

Surtout, vos dépenses réelles ne sont pas déductibles : cotisations et impôt sont calculés sur le chiffre d'affaires encaissé. Si votre projet demande de gros investissements, du stock ou de la sous-traitance, faites vos calculs avant de vous lancer. Le régime peut devenir moins avantageux qu'il n'y paraît et si vos charges grimpent avec le temps, ce sera le signal pour étudier le passage en société.

Connaître ses cotisations sociales et l'ACRE

Votre taux de cotisations dépend de la nature de votre activité : ● 12,3 % du chiffre d'affaires pour la vente ; ● 21,2 % pour les prestations commerciales ou artisanales ; ● 25,6 % pour les activités libérales non réglementées ; ● 23,2 % pour les activités libérales relevant de la Cipav.

Par exemple, un consultant qui encaisse 3 000 € dans le mois paie 768 € de cotisations.

L'ACRE allège ces cotisations la première année, mais elle a été revue à la baisse. L'exonération est de 25 % pour les activités démarrées depuis le 1er juillet 2026, contre 50 % auparavant. Pensez à la demander à l'Urssaf dans les 60 jours suivant votre début d'activité, sinon vous perdez ce coup de pouce.

Les étapes pour immatriculer sa micro-entreprise

Créer une entreprise se fait gratuitement en ligne, sur le guichet unique de l'INPI. Avant de commencer, préparez : ● Une pièce d'identité ; ● Une description précise de votre activité, qui déterminera votre code APE ; ● Votre adresse de domiciliation ; ● Votre choix fiscal.

Une fois votre numéro SIRET reçu, créez votre espace sur le site de l'Urssaf. C'est là que vous déclarerez votre chiffre d'affaires chaque mois ou chaque trimestre, même lorsqu'il est nul.

Vérifiez aussi que votre activité n'est pas réglementée : certaines exigent un diplôme, une assurance ou une déclaration préalable.

Anticiper la TVA en micro-entreprise

Contrairement à une idée reçue, un micro-entrepreneur peut devoir facturer la TVA. La franchise s'arrête bien avant les plafonds du régime : en 2026, elle s'applique jusqu'à 37 500 € pour les services et 85 000 € pour la vente.

Si vous dépassez le seuil majoré, soit 41 250 € pour les services ou 93 500 € pour la vente, la TVA est due dès le jour du dépassement.

Tant que vous en êtes exonéré, indiquez sur vos factures la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI », remplacée au 1er janvier 2027 par « TVA non applicable, art. L. 233-3 du CIBS ». Suivez aussi votre chiffre d'affaires cumulé tout au long de l'année.

Choisir l'imposition de ses revenus

Deux options s'offrent à vous.

Par défaut, vos revenus sont imposés au barème progressif après un abattement de 71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité.

Sous condition de revenus, vous pouvez aussi opter pour le versement libératoire. Vous réglez alors l'impôt en même temps que vos cotisations, à hauteur de 1 % à 2,2 % du chiffre d'affaires. Cette option est souvent intéressante si votre foyer est imposé, beaucoup moins s'il ne l'est pas. Faites une simulation avant de choisir.

Les bons réflexes pour éviter les erreurs coûteuses

Ouvrez un compte bancaire dédié. Il devient obligatoire au-delà de 10 000 € de chiffre d'affaires deux années de suite, et il facilite votre suivi dès le premier jour.

Mettez de côté chaque mois de quoi payer vos cotisations et votre impôt.

Équipez-vous dès le départ d'un outil de facturation et de suivi : vous gagnerez un temps précieux au quotidien.

Préparez-vous à la facturation électronique. La réception de factures électroniques est obligatoire depuis septembre 2026, et leur émission le sera en septembre 2027.

Anticipez la CFE, due dès votre deuxième année d'activité.

Se lancer en micro-entreprise ne demande pas d'être expert en gestion, mais de connaître ces quelques règles dès le départ. Une fois ces bases posées, vous pouvez vous concentrer sur l'essentiel : trouver vos clients et développer votre activité.

À retenir : les 5 points clés

1. Vérifiez que le régime convient à votre projet : les plafonds sont de 83 600 € et 203 100 €, et les charges réelles ne sont pas déductibles ;

2. Demandez l'ACRE dans les 60 jours : l'exonération est désormais de 25 % ;

3. Préparez vos justificatifs avant de passer par le guichet unique de l'INPI ;

4. Surveillez la franchise de TVA : 37 500 € pour les services, 85 000 € pour la vente ;

5. Adoptez les bons réflexes : compte dédié, épargne de précaution, outil de gestion, facturation électronique et CFE.

À propos de l'auteur

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